Manga – Mobile Suit Gundam: The Origin

gundam-coverCe n’est pas la première chose qui nous vient à l’esprit quand on pense à la pop culture japonaise mais c’est un univers régit par des codes relativement stricts. Au cœur de la folie créative qui anime le monde des otakus existent des piliers sur lesquels reposent tous les sous-genres que composent l’animation, le cinéma, le manga ou encore le jeu vidéo (je laisse de coté la J-Pop vu que je n’y connais absolument rien). A en croire les fanatiques qui peuplent les forums de l’interweb mondial, Gundam est un de ces piliers. Il y a des prédécesseurs à la série de Yoshiyuki Tomino, notamment Tetsujin 28-Go et Mazinger Z, mais Gundam aurait transcendé le manga de mechas (robots géants) en y instillant un soupçon de réalisme.

Cela fait près de 20 ans que je baigne dans le grand bain de l’animation japonaise. En 20 ans je n’ai jamais osé mettre me pencher sur le mythe qu’est Gundam. Mon problème avec cette série c’est qu’il s’agit d’une franchise tentaculaire. Depuis sa création en 1979 une vingtaine de séries télé et films ont vu le jour. Un coup d’oeil à ce diagramme suffira pour vous convaincre que pour une fois je ne suis pas en train de verser dans l’hyperbole. Gundam est réellement tentaculaire ! Du coup, quand j’ai découvert il y a deux semaines la superbe édition de Mobile Suit Gundam: The Origin chez Vertical, je me suis dit qu’il était temps de plonger au cœur de cette série monumentale.

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La série complète Mobile Suit Gundam: The Origin tient en 5 volumes d’environs 450 pages chacun. Seulement trois ont été publiés à ce jour, mais les deux derniers tomes ne devraient pas tarder. Les couvertures sont cartonnées et chaque chapitre commence par une demie douzaine de pages encrées à l’aquarelle. C’est un superbe ouvrage. Le but de Gundam: The Origin était d’ouvrir une porte d’entrée sur l’univers de Gundam et en ce sens c’est plutôt réussi.

gundam_004J’ai donc commencé le premier tome il y a quelques jours. Je dois avouer qu’une fois terminé j’étais pour le moins sceptique. Comment est-ce que cette série pouvait avoir une telle aura ? Il y a des mechas, ils se battent et c’est à peu près tout. La partie dramatique tissée en filigrane me laissait de marbre. J’ai quand même enchaîné avec le deuxième tome par acquis de conscience. A mi-chemin je tournais les pages avec plus d’entrain. J’étais en train de sombrer. C’est à partir du troisième tome que j’ai commencé à comprendre la passion qui entoure cette oeuvre. Je ne pense pas un jour devenir un Gundamiste (Gundamien ? Gundamard ?), un fan de Gundam quoi. Mais je dois avouer que je me suis laissé happer par l’histoire et que je finirai sans aucun doute The Origin quand les deux prochains tomes seront publiés.

gundam_001Plus que l’aspect « réaliste » du récit c’est la narration que j’ai trouvé particulièrement bien pensée. Tour à tour l’histoire oscille entre points de vue macro et micro avec beaucoup de fluidité. Dès la première page on apprend qu’en l’espace de six mois plus de la moitié de l’humanité a été balayée par la guerre entre la Fédération et la Principauté de Zeon. De cet événement à l’échelle stellaire on passe à des rixes de petite envergure entre quelques mechas Zeon et le prototype secret de la Fédération — le Mobile Suit Gundam. De bout en bout le manga enchaîne cette alternance entre les personnes tout en haut de la chaîne de commande et les pauvres hères touchés de plein fouet par la réalité des combats. C’est une manière très efficace d’aborder l’horreur de la guerre sans tomber dans le travers « la guerre c’est mal parce que les armes tuent ». Yoshikazu Yasuhiko montre avec talent tout le cynisme des hommes et femmes qui ordonnent la mort de milliards d’êtres humains pour accomplir leurs desseins. En parallèle Yoshizaku se penche aussi sur l’ivresse qu’accompagne les hommes et femmes dans le feu de l’action et sur leur capacité à se perdre dans la violence.

La version Française est éditée chez Pika et suit le format japonais originale (23 volumes). Le quinzième volume est à présent disponible. Le seizième volume quant à lui est prévu pour le 14 janvier 2014. Si vous préférez la version américaine dont je parle dans ce billet, sachez qu’elle est disponible sur amazon.fr entre autres.

En bonus une série de photos du Gundam grandeur nature que j’ai pris en 2009.

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