L’Attaque des Titans (anime)

attaque-des-titans-coverIl fallait bien qu’un anime, jeu, ou album finisse par me faire sortir de mon mutisme. Voilà maintenant plusieurs mois que je ne publie rien ici par manque de temps mais aussi d’envie. J’ai finalement croisé la route de l’Attaque des Titans. Il m’a fallu un moment avant de me lancer. Le design particulier des protagonistes (tracés de larges contours noirs) couplé au look malsain des titans ne me donnait pas du tout envie de me plonger dans cette série de 25 épisodes. Et pourtant, la force de la hype qui a emparé la communauté otaku lors de la diffusion au Japon a eu raison de mon scepticisme.

L’histoire prend place dans ce qui se rapproche d’une Europe Centrale du Bas Moyen Age. L’humanité, sur le bord de l’extinction, a trouvé refuge dans une citée état protégée de trois murs concentriques. Ces trois murs, dont l’origine reste obscure, représentent littéralement le dernier rempart entre les êtres humains et leurs prédateurs — les titans. Dans ce cadre relativement sombre émerge une promotion de jeunes soldats décidés à repousser l’oppresseur.

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L’univers de l’Attaque des Titans est relativement classique pour du shonen. On y suit un groupe de jeunes adultes qui entreprend une quête initiatique tout en découvrant le moyen de se surpasser pour atteindre son but. Soit. C’est classique. Pourtant, quelque chose dans la réalisation de la série réussit à transcender le genre. Contrairement à ce qu’il y a de plus connu dans le domaine du shonen, Naruto, Bleach, One Piece… l’Attaque des Titans offre une réelle réflexion sur les implications d’une guerre totale. Les héros se battent, pour une cause noble qui plus est, mais la violence de l’affrontement contre les titans revient rappeler à chaque épisode, telle une grande claque dans la gueule du spectateur, que romantisme et guerre ne font pas bon ménage. Sur le front, même le plus grand des héros meurt dans dans une gerbe de sang et de viscères. Au final, il n’y a pas de champ d’honneur. Juste un amas de cadavres.

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C’est là qu’intervient ce chara-design tellement particulier. Le poids du contour des personnages projette un focus presque constant sur l’émotion des protagonistes. Régulièrement de lourdes trames viennent accentuer la terreur qui gèle le visage des personnages alors que la mort fauche à tout va autour d’eux. La violence graphique instillé par cet artifice, ainsi que la présence récurrente de mutilés de guerre, ne sont pas sans rappeler le travail d’Otto Dix dans les années qui suivirent la Première Guerre Mondiale.

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De ce fait, peut-être que les titans ne sont au final qu’une métaphore de la mégalomanie des grands hommes qui envoient des générations entières se faire trucider sur le champ de bataille pour leur compte personnel. Peut-être aussi que tout ça n’est que pure spéculation. Mais si tel est le cas, l’Attaque des Titans mérite tout de même qu’on s’y attarde car il n’y a finalement que très peu d’œuvres de pop-culture ces dernières années qui propose une vision aussi critique de la guerre. En ces temps de tensions diplomatiques et d’expansions impérialistes il est bon de voir que tout le monde ne s’en est pas remis à l’idéologie de l’affrontement inéluctable dépeint par les Call Of Duty et consort.

Le trailer:

Et puis comme souvent un petit bonus en relation avec le sujet (plus ou moins) :

 

Edit : Anthony Williams du site artsy.net me suggérait d’inclure le lien vers la page que son site a consacré à Dix. C’est chose faite : https://artsy.net/artist/otto-dix