Dragon’s Crown

dragons-crown_coverIl est des jeux dont on rêve et, par un coup du sort, sur lesquels on ne pose jamais les mains. En 1996 la Sega Saturn accueillait Guardian Heroes, un beat them all mâtiné de RPG plongé dans un chaudron de japanimation. Ce titre allait me hanter des décennies durant, réapparaissant occasionnellement, comme pour me narguer d’avoir alors choisi une N64 plutôt que sa rivale cosmique. Dernier exemple en date, le portage HD sorti fin 2011 est une exclue Xbox 360 — j’ai pas plus de Xbox 360 !

Mais qu’importe, la poisse n’allait pas me suivre éternellement et ma loyauté envers BigN Sony se devait d’être récompensée. Grâce au grandissime (feu) Atlus, et à ma 3DS surdimensionnée PS Vita, me voici en mesure de vous parler du fils spirituel de Guardian Heroes — Code of Princess Dragon’s Crown. Adieu tristesse et frustration. Le roi est mort, vive la princesse (de Dragon’s Crown) !

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Désolé pour le recyclage, mais peut-être vous souvenez-vous qu’en début d’année, comme premier billet sur ce blog même, je vous parlais de Code of Princess en ces termes. Le jeu d’Agatsuma Entertainment portait sur les épaules un lourd bagage, celui de mètre étalon du beat them all heroic fantasy. Manque de chance pour les joueurs comme pour les développeurs, les frêles épaules de la Princesse Solange Blanchefleur de Lux n’étaient pas de taille à soutenir tel héritage. Après quelques heures de jeu Solange Blanchefleur montrait ses limites en s’écroulant comme un château de cartes. Si je vous parle aussi longuement de Code of Princess c’est tout simplement parce que Dragon’s Crown réussit partout où la princesse s’est vautrée.

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Mon premier contact avec Dragon’s Crown n’était pourtant pas très engageant. Okay, le jeu est beau à pleurer. C’est vrai aussi que les musiques collent parfaitement à l’univers et que la voix du narrateur ajoute un charme indéniable à l’ensemble. Pourtant, malgré ce bel enrobage je butais sur un gameplay que je trouvais un peu rigide. Tout particulièrement le fait que mon personnage restait cloué au sol dès qu’il commençait à distribuer des baffes. On aurait pu y voir une sorte de syndrome Resident Evilesque appliqué au jeu de baston 2D. Un comble. Et puis après avoir laissé le jeu quelques semaines en jachère je m’y suis remis.

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Ce gameplay qui peut sembler un peu vieillot au premier abord est en réalité particulièrement pointu. Pour peu que l’on s’acharne on découvre qu’en vérité notre personnage est très mobile et qu’il reste complètement opérationnel pendant ses déplacements. Une fois le maniement maîtrisé chaque expédition dans l’un des neufs donjons que composent le jeu devient un réel bonheur. Dragon’s Crown est un jeu incroyablement dynamique, parfois trop et trouver son personnage au milieu du fatras de boules de feu et pluie de météores devient un challenge bien plus abrupte que tuer le monstre en présence, mais il reste toujours concentré sur le plus important, le plaisir de jeu. Décocher une volée de flèches tout en bondissant à travers l’écran avant de mettre un coup de pieds dans le groin d’un orc… Je crois que le jeu vidéo n’a rien de mieux à offrir.

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Mais la générosité de Dragon’s Crown ne s’arrête pas là. Outre un gameplay solide, le titre de Vanillaware propose une multitude d’options pour vous tenir en haleine des heures durant. Cela va des six personnages jouables jusqu’au multijoueurs en ligne en passant par des fonctions un peu gadgets comme la possibilité de faire la popote entre deux donjons pour réconforter son avatar. N’oublions pas le système de levels et de loots emprunté au RPG. De plus, à la manière d’un Diablo, une fois l’aventure terminée, le joueur peut recommencer une partie dans un mode de difficulté supérieur. Si vous êtes client de ce genre d’artifices — je le suis — ce sont des dizaines d’heures de jeu qui s’offrent à vous.

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Avant de vous quitter j’ajouterai juste que Dragon’s Crown est une véritable ode à la high fantasy. Les personnages sont stéréotypés à souhait, la voix du narrateur donne une saveur de jeu de rôle sur table un petit peu à l’image de ce que faisait Crimson Shroud et le bestiaire révèle tout ce que l’amateur est en droit d’espérer. Point d’orgue de cet hommage au genre, à aucun moment Vanillaware ne s’égare dans de faux-semblants d’originalité qui nuiraient à l’immersion. Dragon’s Crown est un excellent jeu à tous les niveaux. Quelques couacs viennent perturber ce chant de louanges, les ralentissements bien trop présents sur Vita par exemple, mais ce ne sont que de petits détails.

Dragon’s Crown est disponible depuis le 10 octobre dernier en Europe sur PS3 et PS Vita.

Et comme d’habitude le trailer pour finir :