Sayonara Danganronpa

cover_danganronpaJe jette l’éponge. J’en peux plus, c’en est trop. Adieu Danganronpa. J’ai commencé ce « jeu » à sa sortie en février dernier. Il y a huit mois donc. Assez vite j’ai arrêté d’y jouer à cause de l’avalanche de titres qui me sont tombés dessus tout en me disant « dès que j’ai un peu de temps je m’y mets et je le finis ». Finalement le temps s’est trouvé et j’ai décidé de tenir parole envers moi-même (si même moi je me trahis alors où va-t-on ?).

Histoire de brosser le décors en quelques lignes voici le sujet : On incarne un lycéen du nom de Makoto Naegi qui, à sa grande surprise, a reçu une invitation pour rejoindre l’élite de la nation au lycée Hope’s Peak Academy. Alors qu’il est sur le point d’entrer dans l’école Makoto s’évanouit. Quelques longs monologues plus tard on apprend que toutes les issues (fenêtres comprises) du lycée ont été condamnées. Un ours en peluche robotisé apparaît devant un parterre de lycéens médusés et explique que le seul moyen de sortir est d’obtenir son diplôme. Il y a bien sur une petite subtilité, afin d’acquérir ce fameux diplôme il faudra tuer un des quinze autres étudiants présents sans se faire démasquer. Une fois le meurtre accompli un procès aura lieu afin d’inculper le coupable. Si celui-ci arrive à passer à travers les mailles du filet il obtiendra son diplôme et pourra rentrer chez lui tranquillement. Les autres lycéens en revanche seront tous exterminés.

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Danganronpa: Trigger Happy Havoc s’inspire donc très librement d’oeuvres tel que Battle Royale, Le Prix du Danger ou Running Man (oui oui, j’ai dit oeuvre et Running Man dans la même phrase et j’assume). Le scénario, même si déjà vu, est intéressant. Dès le premier chapitre on se prend à sonder les différentes personnalités présentes et à se demander qui semble assez barge pour assassiner un de ses pairs.

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Et puis arrive la partie gameplay du jeu. Tout d’abord, il faut préciser que s’il s’agit d’un visual novel, le joueur a tout de même la possibilité de se déplacer physiquement à l’intérieur du bâtiment. Contrairement aux visual novels traditionnels dans lesquels les déplacements se font grâce à des ellipses narratives, Danganronpa impose donc au joueur l’incarnation physique d’un avatar et par conséquent les inconvénients qui vont avec — notamment celui de devoir marcher. Après quelques heures de jeu les déplacements entre chaque salles/étages deviennent assez pénibles et on en vient vite à se demander si cette incarnation physique est vraiment nécessaire.

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L’autre défaut majeur de gameplay provient des mini-jeux. A l’occasion de chaque procès (après un meurtre donc) le joueur sera contraint à une série de mini-jeux tous plus insupportables les uns que les autres. Déjà que les procès donnent lieu à des séries de twists et rebondissements qui ferait pâlir d’envie un scénariste de Scoubidou, l’épreuve de mini-jeux vient anéantir le peu de plaisir qui pouvait subsister.

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Enfin, pour en finir avec les points négatifs, j’aimerai aborder un défaut inhérent au genre; à mesure que l’histoire progresse le nombre de protagoniste réduit. Par conséquent moins il y a de personnages et moins il y a de frictions et de drama. Excusez-moi pour l’analogie douteuse mais c’est un peu comme ce qu’il se passe lors des phases finales d’un show de télé-réalité. Ce moment où le gros des troupes a été éliminé à la suite d’odieuses machinations machiavéliques et qu’il ne reste que deux ou trois clampins à déambuler tristement sur leur île déserte. Danganronpa c’est un peu ça, un visual novel dans lequel on suit deux ou trois clampins qui déambulent tristement dans leur lycée désert…

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Au rayon des choses positives on trouve une galerie de personnages haut en couleurs. Ils incarnent tous plus ou moins un archétype de l’animation japonaise et le jeu se moque gentiment de tout ces stéréotypes avec beaucoup d’autodérision. A noter aussi que l’OST est plutôt sympa. Pas de quoi se réveiller la nuit non plus, mais elle colle bien avec l’univers du jeu. Ca fonctionne. Et l’autre point positif c’est tout simplement qu’il s’agit d’un visual novel, un genre relativement sous-représenté en occident. C’est agréable de voir que depuis quelques années certains éditeurs aux Etats-Unis notamment osent de plus en plus offrir des jeux de niches à un public apparemment curieux. L’accueil de Danganronpa fut plutôt chaleureux. Entre les US et l’Europe le jeu se serait vendu à près de 56.000 exemplaires (d’après VGChartz, info à prendre avec des pincettes).

Voici l’OST disponible sur YT :

Alors voilà, arrive le moment de conclure ce billet et je dois avouer que je ne comprends pas le flot d’éloges qu’a reçu Danganronpa à sa sortie. L’accueil critique fut dithyrambique — 80% sur metacritic, pour un visual novel c’est assez impressionnant — et je ne comprends vraiment pas pourquoi. C’est vrai, le jeu m’est tombé des mains, littéralement j’ai failli casser ma Vita sur le parquet, et peut-être qu’un final fulgurant m’aurait permis à moi aussi de rejoindre les rangs des gamers pour qui le titre de Spike Chunsoft est culte. Peut-être. Mais j’avoue qu’avec la masse de défauts que le jeu se paye je vois difficilement comment un tel tour de force aurait pu être accompli.