Assassin’s Creed III

Cover d'Assassin's Creed IIIBradé pendant la période de noël, le troisième opus de la licence phare d’Ubisoft a finalement réussi à se frayer un chemin jusqu’à mon disque dur. A en croire les critiques, ce troisième épisode canonique est le plus mauvais (ou le moins bon) de la série. Pas de chance c’est par celui-ci que j’ai décidé de commencer. Quand bien même, pour celles et ceux qui comme moi, ne connaissent pas grand chose d’Assassin’s Creed III je vous propose mon point de vue de néophyte après une quinzaine d’heures de jeu. Pour les autres merci de me corriger dans les commentaires si j’ai compris certaines choses de travers. Je n’ai pas bu que de l’eau pendant les fêtes… Des paysages enneigés, j'achète ! Vous incarnez un jeune homme du nom de Desmond Miles. Au coté d’un petit groupe de rebelles (ce qu’il reste de la secte des Assassins si j’ai bien pigé) vous œuvrez dans l’ombre pour contrecarrer les plans de vos ennemis héréditaires, les Templiers. Grace à un outil appelé l’Animus, Desmond « remonte le temps » en suivant le chemin tracé par son ADN. Par ce truchement scénaristique les développeurs nous offre une magnifique mise en abîme dans laquelle, bien à l’aise devant votre interface technologique (ordinateur ou console), vous influencez le déroulement d’une histoire dans laquelle Desmond, bien à l’aise devant son interface technologique (l’Animus), influence le déroulement de l’Histoire. C’est beau. Connor et Achilles Malheureusement, si le principe du scénario à tiroirs est séduisant sur le papier en réalité il a tôt fait de se refermer sur les doigts du joueurs. La faute à un mauvais découpage de la trame narrative notamment. A force de vouloir explorer trop de pistes à la fois, l’histoire perd de sa focalisation et par conséquent de son intensité. La partie du jeu qui se concentre sur la guerre d’indépendance américaine est bien foutue. Seulement, quand le point de focalisation s’élargit sur Desmond Miles et ses pérégrinations dans notre monde contemporain l’immersion est brisée. Alors il faut remettre les choses dans leur contexte. Je n’ai pas joué aux précédents opus et du coup je loupe surement la trame de fond qui justifie que le scénario s’attarde aussi longuement sur Desmond, mais le postulat d’un blockbuster AAA n’est-il pas de faire un jeu accessible au plus grand nombre ? Avec Assassin’s Creed j’ai l’impression qu’Ubisoft s’est enfermé dans la construction d’un édifice narratif dont il n’arrive pas à se dépêtrer. Et qui, à mesure que les épisodes se multiplient, laisse les retardataires sur le quai. Desmond Miles De plus, si le scénario est agréable à suivre il n’en reste pas pour autant exempt de défauts. L’introduction traîne en longueur et la scène finale doit être la conclusion la plus anticlimactic de tous les temps. Imaginez un polar dans lequel la dernière demie-heure de film verrait le héros, assis à son bureau, occupé à taper un rapport. Palpitant. En revanche, comme je le disais plus haut, le développement sur la guerre d’indépendance est plaisant. On y suit un métisse amérindien du nom de Connor. Le choix du personnage est judicieux. Connor symbolise, à la manière d’un Dustin Hoffman dans Little Big Man, la collision entre la vieille Europe et le Nouveau monde. Enivré par les idéaux de liberté scandés par les pères fondateurs, Connor ne peut imaginer l’ampleur du génocide qui suivra la déclaration d’indépendance. Souvent décrit comme un personnage naïf, j’ai plutôt eu tendance à voir Connor comme un humaniste — un personnage empreint de bienveillance pour qui il est impossible d’appréhender la noirceur d’âme de certains de ses semblables. Appelez-ça de la naïveté si vous voulez, pour moi c’est de la philanthropie. Les parties en bateau sont plutôt cool Le gameplay, tout comme la narration, oscille entre grandeur et décadence. Ayant vu quelques trailers des précédents opus je savais plus ou moins à quoi m’attendre, mais il faut reconnaître qu’une fois en main l’authenticité des animations est bluffante. Voir son personnage sauter de toit en toit avant de plonger tête la première dans une charrette de foin est grisant — tant que cela fonctionne… Parfois, au lieu de poursuivre sa course effrénée façon Yamakasi des temps jadis, Connor saute sur un rondin pour s’y percher comme s’il s’agissait d’un promontoire à 50 mètres du sol. Quand ce genre de glitch arrive au beau milieu d’une course poursuite on a tôt fait de prendre les mouches. D’ailleurs, les scènes « d’infiltrations » peuvent aussi être à l’origine de quelques moments de frustration intense. En soit, que le jeu ait quelques pics de difficulté ne me pose aucun problème, là où je rage c’est que bien souvent cette difficulté découle d’une maniabilité tatillonne. Cependant on voit difficilement comment il pourrait en être autrement. Le travail accomplit par les programmeurs de chez Ubisoft est impressionant. Mais leur ambition est au final peut-être trop grande par rapport aux limites technologiques du moment. aciii-ss5 Pour conclure, malgré mes critiques, je dois admettre qu’Assassin’s Creed III reste un bon jeu pour quiconque aime le genre. La qualité de production de cet opus est spectaculaire. De la musique aux graphismes en passant par le jeu d’acteur (testé seulement en V.O.) tout transpire le gros budget. Je regrette juste qu’Ubisoft n’ait pas réussit à mettre en place un scénario à la mesure de ses aspirations. Mais si la firme québécoise se loupe ce n’est pas par faute d’avoir essayé et on pourra au moins lui reconnaître le mérite de peaufiner une licence AAA qui ne se limite pas à faire « pan pan boum boum ». Bien que cet Assassin’s Creed III m’ait laissé un sentiment d’occasion manquée j’ai tout de même déjà craqué pour sa suite sur Wii U.

Je vous laisse en compagnie du trailer ainsi que d’un petit bonus de circonstance (qui me fait toujours marrer) :

Screenshots trouvés sur google image.